Titre

Alhambra

alias Der Palast von Alhambra
Auteur Dirk Henn  
Éditeurs Queen Games  Cliquez pour accéder au
site officiel de l’éditeur

Tilsit  
Année 2003
Joueurs 2 à 6
Public ados, adultes
Durée 1 h
Caractéristiques multiprimé, dominos, dominos carrés
Mécanisme majorité
Thème urbanisme, construction
Emplacements étagères du rayon A, jeu commençant par A, rayon A
Festival de Cannes As d’or 2003
Deutscher Spiele Preis 2e Prix 2003
Essener Feder Plume d’or 2003
Spiel des Jahres Jeu de l’année 2003
Site officiel
Règle du jeu
Vidéorègles
Résumés
Ressources


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Alhambra devrait rester comme l'un des tous meilleurs jeux de l'année 2003. Atlantic Star, du même auteur chez le même éditeur, nous avait un peu déçus : il reprenait les mécanismes de Show Manager sans rien y ajouter, et le thème était très tiré par les cheveux. Alhambra reprend à nouveau les mécanismes d'un ancien titre de l'éditeur : Stimmt so!, que je n'ai pas eu encore l'occasion d'essayer et qui semble récolter tous les suffrages (note : depuis que ces mots ont été écrits, le jeu est entré dans ma collection). Au passage, l'auteur agrémente le jeu d'un thème beaucoup plus parlant, et ajoute une gestion de pose des tuiles qui était absente de la version précédente.

Le jeu n'en reste pas moins étonnamment simple à expliquer et à jouer. Une seule action est possible par joueur et par tour, ce qui fait qu'on attend rarement pour jouer et qu'on ne voit pas le temps passer. La durée annoncée est très souvent dépassée, mais le plaisir est bien là. Les premières parties m'avaient laissé penser qu'un comportement systématique d'achat « au juste prix » était gagnant. Il ne faut cependant pas laisser passer les dernières chances d'acquérir une tuile qui pourrait vous faire perdre une majorité durement conquise. De la même façon, il ne faut pas forcément se ruer sur une tuile sous prétexte qu'on en possède l'appoint. Si la tuile ne vous apporte rien, vous ne ferez que faciliter la tâche d'un adversaire en lui permettant de conforter sa position à moindre coût.

La gestion du jardin et de ses murailles s'avère un véritable plaisir ludique. Le double intérêt d'une tuile, par ce qu'elle représente et la configuration de ses murailles, est à la base même du succès du jeu.

Alhambra comporte ce qu'il faut de hasard. J'émettrais toutefois un regret : les mécanismes de fin de partie sont un peu bâclés et peuvent retourner complètement le cours du jeu de manière totalement imprévisible. Lorsqu'il n'est plus possible de compléter le chantier, la règle prévoit que le jeu est terminé et que les derniers bâtiments sont attribués aux joueurs présentant la plus grosse somme dans la monnaie requise. Les joueurs économisent généralement leur argent en prévision de cette fin de partie. Ceci aboutit parfois à une injustice flagrante. Supposons que quatre joueurs aient réuni chacun une grosse somme dans l'une des quatre monnaies. Le cinquième joueur termine la partie en achetant l'un des quatre derniers bâtiments. Trois restent à attribuer. Au moins un joueur sera dépité de voir le bâtiment qu'il visait lui filer sous le nez, sans que ce ne soit l'effet ni de sa volonté, ni de celle de son adversaire qui met fin au jeu. Tel joueur va recevoir une tuile pour vingt-cinq pièces, un autre pour quatre pièces. Pire encore : deux joueurs majoritaires à égalité ne reçoivent carrément rien ! J'aurais préféré une fin plus juste, même si je ne nie pas la part de hasard du jeu. Je ne me risquerai pas ici à proposer des variantes qui vont assurément fleurir.

Alhambra est un jeu réellement très bon, disponible en français, facile à jouer et à comprendre, qui va certainement truster les prix, ce qui sera tout à fait justifié.

En plus, il est beau ! Que demander de plus ?

 

François Haffner
Paul Lequesne
avant 2009