Titre

Baron

alias Le Combat des fiefs
Auteur Franz Gaudois  
Éditeur Tilsit  
Année 2004
Joueurs 2 à 5
Public enfants, ados, adultes
Durée 45 min
Caractéristique prototype
Thèmes histoire, Moyen Âge
Emplacements cabinet de curiosités, étagères du rayon B, jeu commençant par B, rayon B
Festival de Panazol Grenouille d’argent 2004
Trophée Flip Parthenay Trophée créateur 2004
Règle du jeu
Résumé
Ressources


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La présentation de Baron est divisée en deux parties. La première est celle qui était consacrée au Combat des fiefs, première version du jeu « à fabriquer ». La seconde partie est consacrée à l'édition de Baron par Tilsit.

Le Combat des fiefs

Le Combat des fiefs est une agréable surprise qui nous vient de Franz Gaudois. On pourrait croire que tout a déjà été dit sur les jeux de pose de tuiles, et on s'aperçoit avec ce jeu qu'il y avait encore à inventer.

Les tuiles représentent des terrains, que les seigneurs tentent de s'approprier pour constituer leur fief. À chaque tour, les joueurs posent une nouvelle tuile, et éventuellement un chevalier. Le nombre de chevaliers sur le terrain ne peut excéder 12. Deux joueurs auront 6 chevaliers disponibles, trois joueurs en auront 4 etc. jusqu'à six joueurs qui ne disposeront que de 2 chevaliers chacun.

Au début, tout se passe tranquillement. Les choses se gâtent quand un chevalier se retrouve entouré de six tuiles, car il lui vient alors une envie irrésistible de construire un donjon. C'est l'époque qui veut ça : chacun veut son petit donjon, parfois sans aucun respect de l'environnement ni des nuisances de vue qu'il peut occasionner au voisinage.

C'est intéressant de construire son donjon, car on marque aussitôt les points des ressources qui l'entourent, et qui constituent le fief.

Le problème, c'est que les autres joueurs sont également attirés par ces ressources. Lorsqu'un autre chevalier prétend ériger son donjon et créer son fief, il arrive que certaines tuiles de ressource fassent partie d'un fief préexistant. Et au lieu de s'entendre sur un règlement de copropriété, voilà qu'ils se mettent à guerroyer en poussant force jurons !


  Le fief du Chevalier noir semble indestructible…

Les conflits sont réglés en comptant simplement les ressources de chacun des belligérants. Bien sûr, les ressources communes, celles qui se trouvent à l'intersection des deux fiefs, ne comptent pas pour la bataille. En cas d'égalité, les chevaliers perdent contre les donjons. Ils s'épuisent l'un l'autre s'ils s'affrontent entre eux. Un donjon qui a été vaincu par un chevalier est retiré du terrain, et son propriétaire perd les points des ressources à l'origine du conflit, celles qui étaient à l'intersection. Les autres ressources restent acquises : il est donc intéressant d'installer un donjon même si on sait qu'il ne tiendra pas longtemps, car on marque quand même quelques points.

Bien que les chevaliers et les donjons ne se déplacent pas, on est en face d'un jeu extrêmement mobile, aux multiples rebondissements.

Le seul reproche qui a été fait par les joueurs lors des tests est que le jeu ne durait pas assez longtemps…


    Il y en a au moins un qui s'amuse !
    Soirée Rêves de Jeux à Pierre Bénite - novembre 2004

Bien entendu, nous serions heureux que Le Combat des fiefs, remarqué dans plusieurs festivals, soit enfin édité. On est ici typiquement en face d'un jeu intelligent, et en même temps abordable par tous. Il faudra toutefois que la règle soit légèrement réécrite pour être plus compréhensible. Mais je crois savoir que c'est en bonne voie.

Baron

Le Combat des fiefs est donc devenu Baron. Les modifications sont minimes : nombre de joueurs réduit à cinq au lieu de six, nouvelle règle de pioche des tuiles.

Baron est le sixième tome de la « Tilsit Collection » (dont je ne peux que vous conseiller l'excellent no 1). Il ne dénote absolument pas dans la gamme, et en sera même l'un des fleurons.

On a dit beaucoup de choses sur le matériel de Baron, et beaucoup de bêtises. Puisqu'il est à la mode de chercher des défauts aux jeux sortis par Tilsit, il s'est trouvé certains tristes sires pour déplorer que la piste de score soit trop petite. Si elle avait été plus grande, les mêmes fâcheux lui auraient probablement reproché sa grande taille ! De même, on a reproché aux tuiles de Baron d'avoir le dos en carton brut. En fait, il s'agit du carton qu'on trouve habituellement au dos des pièces de puzzle, légèrement feutré, et qui permet aux pièces de mieux accrocher au tapis de jeu.

Mais il fallait bien trouver des critiques, car au niveau de la règle et du jeu lui-même, on peut dire qu'il s'agit réellement d'un bon travail. Alors que la règle de l'auteur était un peu difficile, l'équipe de développement de Tilsit a réussi à la rendre légère et agréable.

Car là où Baron n'a pas changé, c'est dans ses mécanismes surprenants, loin des jeux habituels où l'on pose des tuiles pour former de beaux paysages. Ici, ce sont des champs de bataille que l'on construit et les plus fins tacticiens sont rois (enfin, plus exactement barons).

 

François Haffner
avant 2009