Titre

Skull & Roses

Auteur Hervé Marly  
Éditeur Lui-même  Cliquez pour accéder au
site officiel de l’éditeur
Année 2011
Joueurs 3 à 6
Public ados, adultes
Durée 30 min
Caractéristique à fabriquer
Mécanismes bluff, enchères
Thème motos
Emplacements étagères du rayon S, jeu commençant par S, rayon S
Festival de Cannes Jeu de l’année 2011
Site officiel
Règle du jeu
Vidéorègle
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Il est difficile de parler sereinement de Skull & Roses. Pour y arriver, il faudrait distinguer les différents aspects du jeu, ce que je vais tenter de faire.

Le jeu et sa mécanique

Nous sommes en présence d'un jeu de pur bluff, particulièrement épuré et redoutablement efficace. Les jeux du style « Devine ce que je cache » existent depuis la nuit des temps. Ils ne présentent un intérêt que si l'on dispose, pour deviner, de quelques pistes ou débuts de piste.

La grande force de Skull & Roses réside dans l'obligation, pour le joueur qui remporte l'enchère, de dévoiler en tout premier lieu ses propres cartes. Le finaud qui souhaite tromper ses acolytes peut ainsi, s'il est démasqué, être pris à son propre piège.

En revanche, je regrette un peu que le joueur qui perd un pari se voie retirer une carte au hasard. J'aurais trouvé bien plus amusant qu'il puisse choisir lui-même cette carte. De même je rejoins la proposition, faite par d'autres, d'autoriser un joueur, qui ne joue plus qu'avec une seule carte, à choisir celle-ci parmi ses quatre cartes initiales au début de chaque manche.

Le matériel et le thème

Le problème des jeux qui ne nécessitent aucun matériel particulier, c'est la difficulté d'en rétribuer le créateur. On touche là à un des plus gros problèmes de l'industrie ludique : l'auteur est rétribué, non selon son apport à la création, mais selon un pourcentage des ventes du matériel nécessaire à cette création, à condition que ce matériel soit spécifique. Heureusement pour lui, Harold Vanderbilt était né avec une petite cuillère en argent dans la bouche. Car ce ne sont pas les revenus qu'il a tirés de l'invention du Bridge contrat qui auraient pu lui permettre de se payer ses yachts.

Skull & Roses se pratique avec quatre cartes par joueur : trois d'une sorte, une d'une autre sorte. On imagine facilement qu'il n'est pas besoin d'acheter une boîte pour y jouer, à moins de vouloir faire plaisir aux personnes qui en vivent : auteur, éditeur, illustratrice, et leurs familles nombreuses !

Pour nous inciter à acheter sa publication, l'éditeur a donc imaginé de la doter d'un matériel attrayant. Les cartes sont remplacées par d'épais ronds de bière, le tout étant emballé dans une boîte de taille moyenne. Le thème choisi est celui des gangs de motocyclistes (il paraît qu'il faut dire bikers, pour être dans le coup), qui ont un besoin impératif de désigner parmi eux un chef suprême. Les illustrations et la règle tournent donc autour de ce sujet. Pourquoi pas ? Je ne suis pas sûr que ce propos soit plébiscité par les parents et les éducateurs, mais l'éditeur est tout à fait libre de choisir un thème sulfureux s'il pense ainsi atteindre son cœur de cible.

Le prix du Jeu de l'année et la polémique

Que l'éditeur ait choisi un thème morbide ne regarde que lui. En attirant un certain public, on se prive parfois d'un autre, mais c'est son choix.

En revanche, l'attribution du prix du Jeu de l'année à Skull & Roses pose plusieurs problèmes, du moins à mon sentiment.

D'abord, le prix a été attribué à une publication qui n'était pas encore sur le marché, alors que le règlement stipule que le jeu doit être publié préalablement à l'ouverture du festival de Cannes. On rétorque à cela que la date d'édition et la date de mise en boutique sont différentes, ce qui est franchement risible. Si le règlement avait été respecté, Skull & Roses n'aurait pas dû concourir. Mais peu importe.

Ensuite, le thème choisi me semble totalement inadéquat pour un prix du Jeu de l'année. Dans mon esprit, et c'est ainsi que nous l'avions défini quand j'avais participé aux premières délibérations en 2003, le Jeu de l'année doit récompenser un titre accessible à tous, et qui soit un ambassadeur pour tous les jeux de société modernes. Ici, le thème et le type de jeu (enchères et bluff) me semblent totalement déplacés pour définir Skull & Roses comme le parfait ambassadeur des nouveaux jeux auprès d'un large public.

Enfin, la très grande proximité, voire les conflits d'intérêt (plus amicaux que financiers, je vous rassure), entre les membres du jury et les auteurs et éditeurs du jeu primé ne peuvent que laisser planer des doutes regrettables sur l'attribution du prix. La sélection 2011 est ainsi plus que curieuse et laisse de nombreux joueurs, amateurs et professionnels, pantois, même s'il faut bien admettre que choisir dix jeux, c'est toujours en laisser plusieurs centaines de côté dont plusieurs dizaines de très bons.

En conclusion

Skull & Roses est un excellent jeu de bluff, avec une ou deux très bonnes idées. Bravo Hervé Marly !

Skull & Roses peut se jouer avec un peu n'importe quoi (jeu de 52 cartes, jeu de 7 familles, tuiles de memory, etc.), mais vous devez l'acheter si vous souhaitez récompenser l'auteur pour son invention.

Skull & Roses, avec son thème affligeant, et malgré les belles illustrations, n'aurait pas dû remporter le prix du jeu de l'année, ce qui va malheureusement nuire à la crédibilité de ce prix.

Bibliographie

  • Plato n° 38 Afficher le sommaire
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    dans « Plato n° 38 »
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François Haffner
Paul Lequesne
20 mars 2011